Nice – septembre off – ARTVAL

Les Movies Snaps sont présentés pour la première fois au public dans un lieu bien connu des la photographie à Nice, le studio Artval.
Les Movies Snaps ont été présentés pour la première fois à Nice lors du SeptOff 2002. D'emblée le concept a suscité l'étonnement : le photographe présentait directement des images dont il n'est pas l'auteur à la prise de vue. Ce qui peut paraître scandaleux a priori et en tous cas inhabituel chez Pierre Movila, s'avère après reflexion très significatif et constitue un vrai message. Qu'est-ce qu'une photographie, si ce n'est une reproduction. Après tout, lorsqu'on prend une photo, d'un paysage par exemple, on ne fait que reproduire ce qui existe déjà. Le photographe n'est que très rarement l'auteur de ce qu'il saisit (vole diront certains). Si cela ne gêne personne que l'on "prenne" en photo la nature, ou un visage, pourquoi ne pourrait-on en faire autant avec des images mises en scène par d'autres… Cette série est donc une nouvelle approche esthétique (fort agréable par ailleurs), associée à un concept qui n'est pas anodin. Vu l'affluence autour des images lors des expositions et les réactions du public, nul doute qu'on reparlera de ce travail.
Eric Billandin – Art-PACA 2002.

Né en 1999, le Sept Off est issu de la rencontre de photographes désireux de mettre en place une manifestation parallèle et complémentaire au "Septembre de la Photographie" de Nice. Le principal objectif du Sept Off est la défense de la jeune création photographique contemporaine française et internationale. Les expositions ont lieu dans des espaces publics qui ne sont pas des lieux traditionnellement réservés à la photographie.
Le festival favorise la multiplication des rencontres, les vernissages et débats, ainsi que l'émulation entre les artistes et les publics. En 2002, pour la 4ème édition du Sept Off, vingt expositions de jeunes photographes français et européens ont été retenues après sélection à partir plus d'une centaine de propositions. Le projet "MovieSnaps" de Pierre Movila a été choisi par le jury. Le thème de 2002 était "photo(s)-graphie(S)", ou l'exploration des relations entre écriture au sens large et photographie.
"Mon alphabet – nous dit-il – ce sont les images des autres dont je me sers comme des briques pour construire d'autres oeuvres en les adaptant, les torturant, les improvisant. Dans ses "Movie Snaps", Pierre Movila traque l'image vidéo et l'isole, extrait des films des plans qu'il dénature, qu'il reconstruit, qu'il réinvente, en les arrachant au défilement – de la bande du film – il livre l'autre sens de l'image, celui que la vitesse ou la succession, le scénario de l'entre deux plans, construit et que la fixité évide. Invoquant la polysémie de l'image fixe, il s'intéresse particulièrement à la modification du contenu émotionnel et à la nouvelle signification des images qu'il réécrit ainsi. Il entend par là rappeler la subjectivité des interprétations, révéler l'utopie d'une objectivité du témoignage. Sans affliction ni agressivité, il interroge les multiples graphie(s) par les graphie(s) multiples, et envisage la photographie comme la nouvelle poétique d'une image qui se serait départie d'un langage univoque. Plus que jamais transitoire, l'image de Movila se plaît à démultiplier les sens au rythme de ses transformations formelles."
Elsa Olu – Commissaire de l'exposition.

Extrait du catalogue de l'exposition.