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Anciens travaux

Avant 2000, plusieurs séries devenues des classiques…
 

  • Eloge de la vie des fleurs

Rien de plus classique que la photographie des fleurs. La tentation est grande de préserver un peu de la beauté éphémère d'une fleur par une photo.

Mais lorsque le bouquet est fâné on le jette, on le fait disparaitre.


La mort de fleurs est aujourd'hui comme la mort des hommes, elle est dissimulée, niée. Il y a pourtant une beauté évidente qui se révèle lorsque la fleur meurt. Il suffit pour l'apprécier de lui donner une vraie chance d'exister, encore un peu.

Evidemment, l'intérêt de cette série, c'est aussi l'effet de surprise. De loin, lorsqu'on s'approche de l'image, on pense observer un bouquet, de la manière la plus classique qui soit. Et puis, de près, on distingue des détails qui soudain changent la perception : la fleur est fânée, quelques éléments indiquent comme une anomalie, alors qu'il s'agit d'une image sans retouche, directe et simple.

La série a été publiée dans un livre d'auteur édité à 10 exemplaires et signés.

 

  • Teenbody

Chacun le sait, le corps adolescent est un temps très bref dans la vie. Mais pourtant, c'est une forme spécifique, avec des proportions pas encore adultes, et plus tout à fait enfantines. Teenbody est une série qui a été publiée comme illustration d'un ouvrage dédié à des poèmes d'Apollinaire.

La capture de cet instant est délicate, et doit se faire sans artifice pour ne pas ajouter à ce qui est déjà là. D'autant que toute la différence est dans le détail.
 

  • Inventaire

Que reste-t-il d'un être aimé après la mort ? Des souvenirs, une idée de la personne, quelques albums de photographies. Et le lieux de vie. Souvent le deuil s'accompagne de la vente des biens immobiliers, et les lieux où a vécu le défunt sont rapidement transformés. Les vêtements et petits objets sont dispersés, et la maison ré-habitée par ses nouveaux occupants.

C'est pourquoi on dispose généralement d'assez peu de temps pour enregistrer, faire l'état des lieux, l'inventaire. C'est ce que propose Pierre Movila avec cette série, visite ultime de ce qui était l'univers d'une personne proche. Des images simples mais fortes, intimes mais pas voyeuristes.


 

  • Muséophotographies

L'homo-museotis est une espèce nouvelle d'homo-sapiens. Il s'agit de l'homme et la femme, tels que vous les connaissez, dans toute leur variété, mais placés dans un musée.

Dans le musée, chacun est différent. Tout le monde parle à voie basse, se déplace lentement, affichant une béatitude étonnante. Depuis quelques années, le musée et les grandes expositions sont à nouveau "à la mode", et les foules s'y pressent.

Muséophotographies est une série en noir et blanc qui présente près d'une centaine d'images sur ce thème. Des clichés pris dans tous les musées du monde, Paris, Londres, New-York, Berlin, Madrid… Les clichés s'attardent sur les visiteurs et leur comportement.

La série, constituée patiemment dans les années 90 a été présentée en sélection "Découverte Talents" au Festival de Aubenades en 2002.

 

  • Rainy Orleans

"Lorsque je suis arrivé à la New-Orleans en octobre 2000, la région venait de subir le passage d'un nième ouragan. Rien de bien méchant, ni plus, ni moins que d'habitude. Mais pour moi, ce caprice climatique a conditionné la perception du lieu. Un ciel bétonné, une pluie incessante qui pend au dessus d'un désert urbain où les seules choses qui bougent sont les voitures embuées. Chaque ailleurs est une expérience spécifique, différente selon les individus, ne serait-ce qu'à cause d'une perturbation atmosphérique. La photographie est un des rares moyens qui permette de transmettre un peu de cette expérience aux autres."

Ce reportage à la Nouvelle Orleans, réalisé bien avant Katrina, montre une facette particulière de la ville, que l'on connait plutôt pour ses clubs de jazz et son quartier français sous le soleil et dans la joie de la musique. Jamais publiée, cette série fait partie des archives personnelles de l'auteur.

    

 

  • Eloge de la Symétrie

La photographie est un acte de contemplation. Elle se transforme en éloge ("paroles de louanges", dixit le dictionnaire) lorsque la contemplation elle-même devient l’objet principal de la prise de vue. 

La série Eloge de la Symétrie dépasse le dogme classique qui pousse à éviter une composition d'aspect symétrique à la prise de vue et explore ses propriétés esthétiques à la recherche de ses frontières avec le désordre.

Tous les bons manuels de photographie expliquent qu'il faut éviter de cadrer selon une symétrie trop évidente. La symétrie en photo est généralement considérée comme une maladresse de débutant. Pourtant, la symétrie est instinctive chez les enfants qui sont vierges de tout aprentissage esthétique. Et le milieu naturel semble par essence symétrique, au moins dans des dimensions fractales.

 

Notre cerveau est probablement "programmé" pour repérer et apprécier la symétrie en toute chose. Sans doute un moyen de repérer l'harmonie qui caractérise les phénotypes les plus sains. Le problème, c'est que pour beaucoup de choses, la symétrie est une question de point de vue… on peut être symétrique vu d'un coté, mais pas de l'autre, tous les mathématiciens savent ça.

 

  • Eloge de l'horizon

En général, l'horizon en photographie est un contenant. Le vrai sujet de l'image est placé devant. Ce n'est donc qu'un accessoire. Mais l'horizon est aussi un vrai sujet à lui seul. Les horizons sont fascinants et vertigineux. Tout est dans la frontière entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, séparation qui se présente dans une infinité de configurations. Cet Eloge doit se comprendre comme un documentaire en hommage au peintre Mark Rothko qui le premier a révélé au monde la magie des horizons, réels ou imaginaires.