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La région de Vallauris (Vallis aurea), dans les Alpes-Maritimes, possède un sol très riche en argiles réfractaires de grande qualité, permettant la confection de céramique culinaire dont la tradition remonte au XVIème siècle, et qui connut un essor industriel important au XIXème siècle jusqu’au début du XXème. A cette époque, de nouveaux matériaux, plus appropriés à la fabrication d’objets culinaires, comme l’aluminium, l’inox ou la fonte, furent à l’origine d’une concurrence importante qui, associée aux effets de la crise économique de 1929 portèrent un coup très rude aux activités de poterie artisanale locale.
En réaction à cet essoufflement, la production de céramique s’orienta de plus en plus vers des buts plus esthétiques, grâce à des techniques nouvelles comme les émaux de couleur et les pigments métalliques de la
famille Massier, ou le procédé de mosaïque de terres colorées particulier à l’atelier
Jean Gerbino (1876-1966).

En 1947, Picasso s’installe à Vallauris et entame une série de créations à l’atelier Madoura qui va marquer définitivement l’histoire de Vallauris où vont désormais se côtoyer artistes et artisans. La présence de Pablo Picasso va attirer de nombreux autres créateurs et accélérer une convergence d’inspiration qui avait déjà commencé grâce à la présence de Suzanne Ramié, André Baud, Robert Picault et Roger Capron (qui créent l’atelier Callis), Jean Derval, Henri Grailhe ou Juliette Laurent-Mazaudois.
Entre les années 50 et 70, la production de Vallauris va connaître son âge d’or, et dans l’esprit du public, le terme de Vallauris s’appliquera aussi bien aux nombreuses poteries fabriquées en série par les manufactures locales, comme autant de souvenirs touristiques, qu’aux œuvres d’art uniques données par des potiers de renommée parfois internationale.
En effet, c’est dans les années 60 qu’on assiste à une démocratisation des grandes vacances qui va créer un nouveau marché friand d’objets d’art populaire bon marché aux couleurs vives, aux thèmes amusants et très couleur locale qui correspondent parfaitement à l’esprit de cette époque, marqué par l’abondance et l’insouciance, et qui tranchent très nettement avec la période sévère de l’immédiate après-guerre.
Les ateliers se multiplient et prospèrent jusqu’à la crise pétrolière de 1973 ; parmi eux, d’autres grands noms apparaissent qui sont restés célèbres pour la qualité de leurs œuvres dans des styles très divers qui se détachent peu à peu de l’influence de Picasso : Roger Collet, René Maurel, Ozère, Max Boissaud, Innocenti, Juliette Derel, Francine Del Pierre, Jacques Sagan, Marius Musarra, Olivier Roy, Gilbert Valentin, Albert et Pyot Thiry, Eugène Fidler, Alexandre Kostanda, Portanier, Raty, Derval, les ateliers du Tapis Vert, Les Archanges, ou encore le Grand Chêne.